Publié par : juliejbenamerique | 14 novembre 2009

L’Amazonie ravagée

Sur les bords du Rio, dans le village de Puerto Luz

Sur les bords du Rio, dans le village de Puerto Luz

Après une quinzaine d’heures de bus sur une piste défoncée, les genoux dans le siège du voisin de devant et une petite fille endormie à nos pieds, nous arrivons à Puerto Maldonado, dans la chaleur moite de l’Amazonie. Nous sommes venus rencontrer des Indiens qui luttent contre une grande compagnie pétrolière américaine, Hunt Oil. En juin dernier, une révolte avait fait 34 morts dans le nord du pays…

Comme d’habitude avec les Indiens, les choses ne sont pas simples. Ils ne diront jamais « non » à nos requêtes, mais lorsqu’il s’agit de fixer des rendez-vous, c’est une autre affaire… Le « chargé de communication » de la Fenamad, l’association de défense des Indigènes de la région, nous fait comprendre qu’il serait plus pratique que nous restions 15 jours, jusqu’à la date fatidique de l’ultimatum qu’ils ont donné à Hunt Oil avant d’expulser ses employés par la force. Nous lui avouons que nous pensons repartir dans 3 jours… Moue sceptique. Finalement nous partirons dès le lendemain dans la jungle avec Juda, qui ne nous trahira pas mais ne nous aidera pas beaucoup non plus.
 
 
 
 

Sur la moto

Sur la moto

L’or jaune, noir et blanc de la forêt

 

Direction Puerto Luz, village du fin fond de l’Amazonie situé dans la réserve Amakaeri, que veulent exploiter les Américains pour ses réserves en pétrole et en gaz. Nous partons à 6 heures du matin sous une pluie battante. Deux heures de voiture avec un chauffeur endormi qui se fera bien sermonner par son voisin inquiet, deux traversées de fleuve en pirogue… Nous terminons le trajet à 6 à l’arrière d’un 4X4, serrés contre une femme qui tire son lait dans un fond de bouteille en plastique. Aprés plusieurs arrêts pour vérifier le niveau de l’eau avant de traverser les multiples rivières formées le matin même, nous arrivons enfin à Delta Uno, passage obligé avant Puerto Luz.

A notre grande surprise, la ville est très, très animée. Nous sommes au milieu de nulle part, dans une bourgade quasi inacessible en saison des pluies, et pourtant les magasins d’écrans plats côtoient les casinos et les restaurants, le tout dans une ambiance boueuse et un peu inquiétante.  La raison de cette « richesse » ? Les mines d’or qui défigurent la jungle alentour. Nous sommes les seuls Blancs ici, on prend même JB pour un chercheur d’or brésilien. Nous ne prendrons pas de photo de la ville… Nous aurons un bon aperçu des mines lors de notre trajet en moto jusqu’à Puerto Luz. Derrière mon intrépide « moto-taxi », je n’en mène pas large sur les chemins de terre trempés et les petits ponts de bois éclatés.

Malaise dans le village

Au milieu de la jungle, les mines d'or

Au milieu de la jungle, les mines d'or

A notre arrivée à Puerto Luz, nous ressentons un malaise. Notre « guide », Juda (qui préfère qu’on l’appelle Augusto), déjà peu bavard, devient carrément mutique. Il cherche le président de la communauté parmi les cabanes de bois, mais rares sont les habitants qui répondent à sa demande. Les regards sont fermés, les « buenos dias » rares. Juda finit par nous avouer que la Fenamad n’est pas très aimée dans cette communauté, et qu’il sera difficile d’interviewer les gens, alors que le matin même il nous assurait que tout le monde nous parlerait facilement… 

Finalement, le président étant « en voyage », nous interviewerons son prédecesseur, bien plus virulent contre les entreprises pétrolières, et qui nous apprendera que le village est divisé entre les opposants au projet et ceux qui ont reçu de l’argent pour le soutenir… Juda veut s’en aller au plus vite. Nous lui faisons comprendre qu nous n’avons pas payé 800 soles et fait 6 heures de route pour une seule interview. Nous réussissons à en décrocher une seconde, avec un habitant du village.

 Nous rentrons fourbus mais la tête pleine d’image de cette journée de 20 heures, prêts à nous lever à 5 heures le lendemain pour découvrir un autre visage de l’Amazonie : ses animaux sauvages.

Julie


Responses

  1. alors Julie on se prépare pour le bol d’or ou les 24 heures de Simandre bisous à tous les deux

  2. votre description de l’endroit m’a fait un peu penser a Un viejo que leía novelas de amor de Luis Sepulveda. Je recommande, poiur votre retour! bisous


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