Publié par : juliejbenamerique | 19 novembre 2009

Le Lac Titicaca, entre piège à touristes et misère humaine

Les îles flottantes, fabriquées par les Hommes...

Nous l’avons mérité, le lac Titicaca. Nous arrivons sales, fourbus et déphasés. Puno est à 3.800 mètres d’altitude, ce qui n’arrange pas vraiment notre état. Nous passerons la première journée à travailler, Le Soir attend notre article sur la gastronomie péruvienne. Le lendemain, réveil à 6h (comme presque tous les matins) pour arriver tôt au port.

La masse de touristes débarqués à Puno nous a un peu affolés, et nous voulons à tout prix les éviter sur les îles. Après de longues négociations, nous réussissons finalement à embarquer sur un bateau-bus, rempli d’îliens, pour les îles Flottantes. Pendant que certains sucent des bonbons à la coca, d’autres tissent et cousent. Seuls JB et moi s’impatientent de la longue attente. « Pourquoi on ne démarre pas ? On attend encore 3 passagers. » JB fait bien rire les autres passagers en hélant les passants sur le port pour remplir le bateau au plus vite.

Un vieil homme travaille la totora

La totora : toit, vivre et raison de vivre

Nous approchons finalement des îles flottantes, habitées par les Uros depuis que les tribus Aymaras et Collas les ont chassés de leurs terres avant l’arrivée des Incas. Des îles faites mains, à base de mottes de terre et de plusieurs couches d’un roseau appelé « totora ».

Lorsque nous débarquons sur l’une d’elles, le sol s’enfonce sous nos pieds comme sur une éponge. Nous ne resterons que dix minutes, le temps de trouver un autre bateau pour l’île plus lointaine d’Amantani. Cette fois-ci nous n’échapperons pas aux touristes, les seuls embarcations présentes sont gérées par des agences. Le prix est discuté. Ce sera 50 sols par personne. Le guide nous somme de ne rien dire aux auttres passagers.

La famille Catalina, loin du monde et du temps

Notre famille d'accueil au travail

Notre famille d'accueil au travail

Amantani est une des îles les plus grandes de Titicaca. Sans routes ni voitures, elle est tout de même peuplée de plus de 4.000 habitants, qui tentent de subsister sur une terre aride. Notre famille d’accueil, les Catalina, qui parle quechua, nous montre notre chambre, sans électricité mais heureusement dotée de grosses couvertures de laine.

Nous passons l’après-midi à nous balader sur l’île, surpris par l’austérité des travaux des champs, sans bétail ni machines. Lors du repas du soir, au feu de bois, nous remarquons que les étagères de la famille Catalina sont vides. Seuls trônent le kilo de sucre et le lait que nous leur avons acheté. Le père nous explique qu’ils attendent la pluie qui ne vient pas pour leurs cultures…

La fameuse photo avec le pull lama et en bonus, le bonnet péruvien!

Attrape-touristes

Le guide de l’agence nous a parlé d’une fête typique du lac. Bien que fatigués, nous décidons d’y aller. Les Catalina nous disent que nous devons revêtir le costume traditionnel. Je garde mes deux pulls sous la chemise brodée, et mon pantalon sous l’épaisse jupe de laine… Nous pensons y aller seuls, mais ils insistent, leur fille Gloria, 19 ans, veut venir aussi.

La marche dans la nuit (le village n’a presque pas l’électricité) est difficile pour moi : la mère a tellement serré ma taille dans la grosse ceinture brodée que je ne peux pas respirer, d’autant moins à 4.000. Arrivés au « local », nous comprenons notre erreur.

Tous les touristes sont là, accompagnés de « leur » Indienne. Le temps de deux danses avec Gloria, qui semble passablement lasse de ce petit jeu, et nous rentrons nous coucher. Le lendemain, nous visiterons Taquile, une petite île bien trop touristique, avant de rejoindre Puno.

Le soir, épuisés, autour de deux énormes pizzas (nous ne nous sommes pas remis de notre grève de la faim forcée de trois jours), constatant notre état de fatigue récurrent depuis plusieurs semaines, nous prenons la décision de nous accorder un peu de répit quand nous serons en Bolivie.

Julie

Sur l'île de Taquile

 


Responses

  1. Hello les amigos,
    un peu de répit dans mon emploi du temps me permet de me mettre à jour sur les dernières étapes de votre périple. Dis donc, vous avez l’air de ne pas chômer ! Julie, je t’ai trouvé très craquante avec ton petit bonnet péruvien sur la tête. Dommage qu’il n’y ait pas de photo en pied avec ta belle jupe traditionnelle !
    Bises à tous les deux, bonne route

  2. Julie, les mots me manquent lol
    trop drôle!
    merci d’avoir tenu votre promesse bisous

  3. On veut tous voir les photos en costumes traditionnels !

    Besos


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