Publié par : juliejbenamerique | 28 décembre 2009

Dans les mines de Potosi

Une vie de Potosi. Au fond les ollines minières...

Une vue de Potosi. Au fond les collines minières...

Au lever, nous apprenons la naissance de Joseph, alias Jojo, le fils de Géraldine et Simon. C’est peut-être un signe, nous apprenons l’heureuse nouvelle en face de la chambre du Che. Grand moment d’émotion. Une émotion décuplée par la conversation téléphonique avec le papa. Nous retournons à notre périple un peu ébranlés.

Il nous reste une semaine de tourisme. C’est court, trop court. Après une après-midi et une nuit de piste en bus dans une jungle montagneuse (si, si, si), nous voici à Sucre. Nous visitons la ville à cinq heures du mat’ à bord d’un taxi. En 20 minutes, le chauffeur, notre guide improvisé, nous présente la rue des banques puis le point de rendez-vous de ses camarades… Bref, l’incontournable. Un taxi collectif nous mène ensuite à Potosi. Ville célèbre pour ses mines d’argent qui ont fait la richesse des colons espagnols et des banquiers anglais.

La misère minière

La préparation avant l'entrée dans les galeries

La préparation avant l'entrée dans les galeries

Cette ville dont les richesses sont aujourd’hui cachées dans les nombreuses églises et au sein de l’hôtel de la monnaie, était le centre névralgique de l’ancienne colonie espagnole. Alors qu’un Inca avait découvert la richesse de la montagne une voix se serait écriée “Cette richesse est pour ceux venus de loin”. Entendre les conquistadors qui, à en croire Eduardo Galeano (NDLR: « Les veines ouvertes de l’Amérique latine”), n’en ont pas tant profité. La cour espagnole, endettée, reversait les bénéfices des mines aux banques anglaises.

La lecture de cet ouvrage édifiant rend la visite des mines incontournable. Accompagné de notre guide, qui y a travaillé sept ans, nous achetons des sodas, des feuilles de cocas et de l’alcool à 95 degrés surnommé “le wisky bolivien”. Des présents destinés aux mineurs. Les feuilles de cocas annihilent toute souffrance et le “whisky” imbuvable permet de tout oublier. Ce dernier fait des ravages. Nous voyons des jeunes aux yeux hagards, saouls, vomir accroupis dans les rues.

Des sodas et des feuilles de cocas sont donnés aux mineurs

Des sodas et des feuilles de cocas sont donnés aux mineurs

Le guide nous décrit la fracture potosienne. Une société divisée entre les mineurs employés par le gouvernement qui ont droit à un salaire fixe, qui travaillent à l’aide de machines sophistiquées dans des galeries sécurisées et les mineurs creusant pour les coopératives, armés simplement de leurs pioches.

Le diable à l'entrée de la mine

Le diable à l'entrée de la mine

A l’entrée de la galerie, un diable au membre phallique surdimensionné garde le lieu. Chaque mineur à l’entrée offre quelques feuilles de coca, asperge la statue d’alcool et lui offre une cigarette. Dans les galeries une chaleur humide nous envahit, trois personnes poussent un chariot, le soufre suinte sur les roches… Une atmosphère étouffante.

L’appât d’un salaire moyen d’environ 200 euros suffit aux Boliviens pour se jeter à la recherche du métal précieux, quitte à y laisser très rapidement leur santé. Les mineurs ont une petite dent contre le président qui en visitant les mines gouvernementales aurait dit que tout allait bien, sans se donner la peine d’entrer dans les exploitations personnelles.

JB


Responses

  1. Bonne année à vous 2. Qu’elle vous apporte tout ce que vous désirez. Merci de continuer à nous étonner!

  2. tous nos voeux pour 2010 et bonne continuation dans votre périple,nous espérons encore de nombreuses lectures interessantes et croustillantes.On vous embrasse.(Ce soir,on lèvera notre verre,à votre santé ,chez l’ami Roger….)

  3. bonne et heureuse année 2010 continuez bien votre voyage et ramenez nous pleins de souvenirs et pourquoi pas un bébé en le commençant dès ce soir il pourra naitre en France lol à bientot bisous

  4. Bonne année à vous les petits loulous!
    En tous cas même avec la distance on pense bien à vous ici. J’ai passé deux jours chez Antoine à Lyon pendant les vacances, et on s’est encore dit que vous nous manquiez. Donc profitez en et revenez nous avec pleins de souvenir! Take care!!!

  5. Quelques rectifications: d’abord, ce n’est pas un inca qui a découvert les mines mais un simple indigène, Diego Huallpa, en 1545; ensuite, les feuilles de coca et l’alcool que vous avez acheté n’était pas pour offrir un présent aux mineurs, mais un geste d’offrande et de partage avec le Tio; d’autre part, attention à ce que disent les mineurs des coopératives: ce ne sont parfois pas les plus mal lottis au niveau des salaires…, la seule différence étant peut-être le fait que les coopératives emploient des enfants, ce qui n’est pas le cas des mines nationales. Ceci dit, à Potosi, il n’y a pratiquement que des coopératives privées; en ce qui concerne le salaire, 200 euros, c’est énorme par rapport au salaire minimum bolivien qui est de 50 euros!!; enfin, attention aux discours des mineurs des coopératives, souvent affiliés à des partis de l’opposition, effectivement peu favorables à Evo Morales: le sujet est éminemment politique, à prendre avec des pincettes, et les discours totalement subjectifs et partisans…

    • Merci pour votre commentaire. Mais selon le Guide du routard (il est vrai qu’il y a de meilleurs source) : « La découverte de cet important patrimoine ne remonterait cependant pas à Huallapa, mais aux premières années du XVIe siècle : on connaissait déjà leur existence au temps de l’Inca Huayna Capa, mais lorque ses hommes entreprirent son exploitation, une voix étrange leur dit : « Ceci n’est pas pour vous etc. »

      En ce qui concerne les offrandes vous avez tout à fait raison. Reste que les feuilles de coca et l’alcool sont aussi partagés avec les mineurs.

      Pour les salaires il est juste de le remarquer mais un bon salaire justifie-il de telles conditions de travail.

      Si Potosi vous interesse un sujet poaraitra à ce sujet sur Youphil.com

      Tres beau blog! Et bonne continuation,
      JB

  6. Continuez….beau travail

    Meilleurs vœux pour 2010 .
    Bonne poursuite pour cette aventureuse escapade
    Henri
    Marie-Thérèse

  7. bonne année à tous les 2.continuez à nous faire rêver par vos reportages et vos photos.

    bonne continuation de votre aventure

  8. bonne annee mes chouinets (oui, je suis toujours a la bourre, je sais)


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