Publié par : juliejbenamerique | 8 février 2010

Le W? Cinq jours de rando…

Dans la vallée des Français au sommet...

Dans la vallée des Français au sommet...

Nous revenions de Calafate et du Perito Moreno (en Argentine), cet immense glacier dont d’immenses cubes de glaces tombent dans un lac. Nous pensions avoir tout vu. Le meilleur allait nous attendre lors de nos 5 jours de randonnée en Patagonie chilienne dans le Parc Torres del Paine, vers Puerto Natales.

Les préparatifs

Empaquetez toutes vos affaires dans des sacs plastique”, nous ont dit plusieurs personnes. Un conseil de mauvais augure: nous nous imaginions déjà marcher des heures sous la pluie. Nous prenons donc soin de préparer nos sacs avec précaution.

Avec Julie, nous optons pour camper trois nuits sur quatre. Cécile, doutant encore de ses capacités, préfère dormir en refuge. La nourriture pour trois jours  est répartie. Je trouve mon sac à dos bien lourd (14 kilos?).

La veille du départ le temps est, comme toujours ici, mitigé. Nous croisons les doigts.

Jour 1:  Hosteria Las Torres/ El refugio Chileno/ Mirador Las Torres/ El refugio Chileno

Plus de 7 heures de marche et environ 700 mètres (les cartes ne sont pas très précises) de dénivelé nous attendent.

Au sommet les fameuses Torres

Au sommet les fameuses Torres

Bonne nouvelle: il ne pleut pas. On commence l’ascension. Il y a du monde. Nous longeons une petite vallée, les sommets embrumés dévoilent peu à peu leurs couvertures blanches. Au refugio Chileno nous montons la tente et abandonnons nos sacs. La délivrance.

Durant une heure et demie nous parcourons un petit chemin sous le  crachin. A l’abri dans la forêt jonchée de bois morts, nous sommes au sec.

La dernière heure est la plus dure. La plupart des dénivelés se gravissent ici. Julie, devant, est déterminée, je la suis, tandis que Cécile, derrière, s’accroche. Nous voyons les randonneurs serpenter à flanc de montagne, bien plus haut que nous.

Pratiquement au sommet nous encourageons Cécile qui affronte courageusement sa première grande rando. Le dernier coup de mollet donné, nous découvrons un lac au pied de trois pics vertigineux. La glace est toute proche et pourtant nous sommes à peine à 880 mètres d’altitude.

Cécile parvient au bout. Nous applaudissons. Elle est fière et nous le sommes pour elle. A cet instant précis elle est devenue une randonneuse. Plus rien ne lui fera peur.

Serions-nous parvenus à faire le W sans chocolat?

Aurions-nous pu faire le W sans chocolat?

De retour au refuge nous tentons de faire fonctionner le réchaud à gaz sous le vent. Notre risotto déshydraté risque de ne pas être complètement cuit.

La nuit, nos sacs de couchage sont mis à contribution. Ils résistent au froid jusqu’à moins 5. C’est tout juste assez pour moi, pas assez pour Julie, qui passe une nuit très courte. Sur la tente, quelques flocons tombent.

Jour 2 : Refugio Chileno/Campamiento Italiano

Plus de 8 heures de marche. Vous aviez dit plat?

Un des nombreux lac rencontré

Un des nombreux lacs rencontrés

Incroyable mais vrai : il fait beau. Nous redescendons vers l’Hosteria Torres. Les sommets sont toujours embrumés. En contrebas, nous déambulons a proximité de lacs couleur vert émeraude. Six heures de marche, c’est finalement long, même quand les montées se font rares. Surtout que sur ce trajet, nous portons les sacs du début à la fin.

Une amie de passage

Une amie de passage

Nous laissons Cécile au refuge Los Cuernos, qui, au pied de la montagne, surplombe le lac. Deux heures de marche nous attendent encore avec Julie. Nous longeons une plage, des forêts mais ce qui était censé être plat est en fait une succession de pentes abruptes. Dur. Un couple rencontré ne nous met pas en confiance. Nous pensions être a mi-chemin. Il nous resterait encore plus d’heure de rando.

On s’accroche. Ereintés nous parvenons finalement au campement gratuit au bout d’1 heure 40. Pas si mal. Il est 18h30, toutes les bonnes places sont prises. Mais en cherchant un peu nous découvrons un emplacement à l’abri, plat et sec.

Dans l'effort...

Dans l'effort...

Pas d’eau, des toilettes à 600 mètres de la tente. Le Campamiento Italiano ne se démarque pas par ses commodités. Il fait beau mais le campement, dans les bois, ne profite pas des rayons de soleil.

Le chapeau péruvien ne se quitte pas. Même pour faire la cuisine.

Le chapeau péruvien ne se quitte pas. Même pour faire la cuisine

Nous sommes fatigués et frigorifiés, et faire la cuisine, laver la vaisselle, remplir les gourdes dans l’eau glacée relèvent de la mission. Il est 21 heures et nous nous endormons déjà. Dehors il fait toujours grand jour et ce jusqu’à 22 heures 30. Les premiers rayons de soleil perceront dès 6 heures du matin.

Jour 3: Campamiento Italiano-Mirador El Francès-Campamiento Italiano-Refugio Paine Grande

Plus de 8 heures de marche, plus de 1200 mètres de dénivelé?

Beaucoup d'arbres morts parsèment les forêts.

Beaucoup d'arbres morts parsèment les forêts.

Nous grimpons. Pour une fois nous sommes les seuls sur le sentier. Un torrent résonne à nos côtés, des points de vues surplombant un lac majestueux essaiment le chemin. Notre marche est seulement interrompue par des bruits d’avalanches. Nous regardons la neige s’écrouler tranquillement sur les flancs acérés de la montagne d’en face.

C'est moi au sommet...Si,si,si...

C'est moi au sommet...Si,si,si...

Après moins de deux heures de marche nous parvenons au Campamiento britannico. Le Mirador devrait être situé à une heure de là. Nous y parvenons en vingt minutes. Trop facile. Nous continuons et escaladons un chemin au bord d’un ruisseau. Au sommet, nous restons coi. Nous sommes au centre d’un cirque de montagnes, seuls au monde. Les nuages se lèvent comme par magie. Tous les sommets nous encerclent.

En redescendant nous croisons une petite blonde prenant des photos. C’est Cécile… La tente pliée, nous nous dirigeons tous les trois vers le refuge Paine Grande. Les trois dernières heures sont encore une fois les plus dures.

Nous découvrons soulagés le refuge qui porte bien mal son nom. Il ressemble en fait plus à un hôtel, une usine à touristes.

Une fois n’est pas coutume, nous mangeons tous au resto. Cécile offre mème sa bouteille de vin blanc. Bien réchauffés, il est d’autant plus difficile de retourner dans notre tente sous la pluie.

Jour 4 : Refugio Paine Grande – Refugio Grey – Los Guardas – Refugio Grey

7 heures de marche? Dénivelé incertain

La chorégraphie W. On l'a fait!

La chorégraphie W. On l'a fait!

Le vent souffle. Les courbatures sont de plus en plus fortes. Mais Julie et moi avons le sourire: cette nuit nous dormirons au chaud dans le refuge. Nous faisons une partie du chemin avec des Argentins qui ont fait le même parcours que nous. Ils font partie des nombreuses personnes que nous avons croisées et recroisées.

Les premiers blocs de glace

Les premiers blocs de glace

Au loin, apparait le glacier qui, comme à Calafate, tente d’avancer sans y parvenir. Ses blocs flottent sur le lac turquoise.

Bonne nouvelle au refuge: pour aller à Los Guardas il n’y à qu’une heure de marche au lieu des deux prévues. Nous parvenons au bout du W! Sur un rocher, occupé par un couple belgo-chilien, nous restons un petit moment à observer le glacier.

Les filles au refuge. Comme une odeur de colo.

Les filles au refuge. Comme une odeur de colo.

Le soir, au chaud, nous discutons longuement avec le navigateur Marc Guillemot et sa femme Christine. Troisième du dernier Vendée Globe,  il reste modeste et nous raconte brièvement son sauvetage de Yann Eliès et les conditions de vie en mer…Une belle rencontre, surprenante.

Jour 5: Retour à la maison

Nous retournons au Refugio Paine Grande. Un catamaran puis un bus nous ramèneront à bon port, dans notre hôtel douillet de Puerto Natales. Les sacs plastique autour de nos affaires ne nous auront servi à rien. Le W? Facile…

JB

Le glacier atteint le 4e jour...

Le glacier atteint le 4e jour...


Responses

  1. enfin des nouvelles! superbes images cela valait le coup d’attendre

  2. Salut les warriors de l’extrême ! Très chic de croiser Marc Guillemot en Patagonie ! Bises et bonne continuation

  3. Trop facile !!!!!!!!!!
    euh non je ne recommence pas tout de suite….

  4. M A G N I F I Q U E !!!
    Superbes photos.
    Bravo et merci

  5. les Warriooooooooors!!!!!!! bravo!!
    Jb, Julie, mention spéciale pour avoir dormi sous tente, le réveil devait être d’autant plus dur!
    Cécile, Bravo aussi, désormais les footing le long du canal….trop faciiiiiiiile, tu peux t’attaquer aux Buttes Chaumont
    bises les marcheurs

  6. C’est qui cette Julie que ses parents n’ont jamais réussi à faire marcher?

  7. Respect!
    J’aurais aimé être avec vous.
    Abrazos fuertes y besos

  8. waaaaaaaou! bravo les Choupinets et Cecile! vous etes les meilleurs!
    Merci d’avoir partage ces photos magnifiques!!!!

  9. super!! je l’ai fait aussi, mais exactement dans l’autre sens… et slmt en quatre jours, alors c’était un peu hardos… j’y ai laissé deux ongles de doigt de pied… et j’adore votre chorégraphie du W!! bises à vous deux


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :