Publié par : juliejbenamerique | 31 mars 2010

Road trip dans les montagnes nord-argentines

Sur la piste

Sur la piste

Nous avons de nouveau repris le volant. Le Nord de l’Argentine avec ses montagnes multicolores, ses cactus, ses pistes s’ouvrent à nous. C’est parti pour 1300 kilomètres!

1er jour:

Nous quittons enfin notre hostal de Salta étrangement très prisé des Argentins du 3e âge. Cap sur Cafayate, au Sud de la capitale régionale. Comme au Chili la priorité à droite est facultative. A la différence du Chili une seule loi prévaut dans les croisements: s’imposer.

Nous nous extirpons de la ville avec soulagement. Mais alors que nous roulons sur une petite route de campagne nous croisons des travaux. L’homme chargé de la circulation nous fait signe de passer. Le chauffeur du tractopelle ne semblait pas au courant et nous évitons de justesse l’imposant engin.

Les premiers kilomètres...

Les premiers kilomètres...

Peu à peu le champs disparaissent pour faire place à un paysage aride. Nous nous arrêtons aux points d’interêt touristique: une faille dans la montagne digne de Pétra en Jordanie par ici, une autre par-là, une vue sur le rio Seco, une vallée verte résistant à la sècheresse ambiante un peu plus loin, et même un improbable rocher en forme de crapaud pour finir. Mais de partout nous

Dans une des failles, des vendeurs de souvenirs...

Dans une des failles, des vendeurs de souvenirs...

découvrons ces montagnes ocres aux dégradés surprenants. Dans cette beauté sèche d’immenses propriétés viticoles se profilent à l’horizon. Nous parvenons à Cafayate, notre première étape.

Nous devons loger chez un habitant, Enrique, faisant partie de la Red de turismo campesino, un réseau de familles lançant un projet de tourisme solidaire. Notre ami Jon, que nous avons retrouvé à Salta, nous l’avait chaudement recommandé. C’est le fils d’Enrique, Enzo, qui nous accueille et nous indique la route à suivre. Après avoir emprunté un petit chemin en voiture, nous appercevons accroché à flanc de colline une cabane de pierre: “C’est là-haut que vous logerez!” nous dit notre hôte. Nous ne pouvions rêver mieux. La petite terrasse de la minuscule maison donne sur la vallée. Au loin la petite ville de Cafayate scintille.

Les propriétés viticoles

Les propriétés viticoles

Le soir nous discutons longuement avec Enzo et sa mère Carmen tout en dévorant une cazuela de cabrito. Le lendemain, nous avons du mal à quitter notre hutte. Nous parlons longuement avec Enrique. Ils n’ont l’eau courante que depuis qu’ils ont lancé leur projet. Pour l’électricité ils attendent encore. Un sentiment d’injustice envahit alors Enrique qui a du mal à cacher sa colère contre les grands viticulteurs qui ont droit dès leurs installation à de l’eau sans restriction et à des installations électriques.

Carmen nous prépare à manger

Carmen nous prépare à manger

Notre cabanne

Notre cabanne

Jour 2:

Après Cafayate: la piste. Nous traversons de petits villages de maisons en terre cuite. Parfois, du lieu-dit, nous ne voyons que l’église. Nous sommes loin, très loin de la riche capitale. Notre parcours est juste interrompu par quelques chèvres ou vaches. Nous parvenons à Molinos, une oasis dans le désert, un village qui semble hors du temps, comme aux premiers jours de la colonisation.

Le long de rues pavées, des maisonnettes blanches aux portes vertes servent d’abris ombragés aux habitants. A l’intérieur, les portes délabrées s’ouvrent sur des cours florissantes. Si comme moi vous regardiez Zorro à la télévision quand vous étiez petit, vous imaginerez sans peine de quoi il s’agit.

La route se poursuit. Nous arrivons sans peine à Cachi, qui ressemble beaucoup à Molinos. Nous trouvons sans peine une place dans le camping déserté. Nous avons la chance d’être en saison basse. La nuit est rude sur le sol bien dur.

Jour 3:

A mon grand regret nous retrouvons la route. Nous devons traverser Salta pour gagner le Nord. Nous voulons absolument parvenir à Jujuy par la petite route. Après s’être trompé de chemin, avoir freiné brutalement à quelques carrefours, nous voici de nouveau dans la campagne.

La petite route serpente à travers les bois. Les vaches s’indignent de notre passage et ne daignent pas se pousser sur le bas-côté. Nous voici au Sud des Andes. La végétation a disparu. Nous dormirons à Purmamarca, un village situé au pied de roches rouges, ocres et vert-de-gris. Nous sommes de retour en pays indien: nous retrouvons les visages burinés par le soleil, sur le marché nous trouvons même le “pull lama” que Julie avait acheté en Equateur.

Jour 4:

Susana et Roger

Susana et Roger

Le jour d’une grande rencontre à Tilcara… Comme à Purmamarca les boutiques d’artisanats, les restaurants, les hôtels sont bien plus nombreux que les épiceries et les bars locaux. Pourtant c’est dans ce village que nous avons plongé dans un univers de solidarité insoupçonné.

Pour Youphil, nous avons rendu visite à un couple, Susana, argentine et Roger, français. Voici 25 ans qu’ils sont venus s’installer dans cette bourgade éloignée. Pourquoi Tilcara? Le hasard, une amie avait une maison à leur prêter. Pourquoi faire? Ils n’avaient pas d’idées précises, juste une volonté farouche de se rendre utile. Un désir aiguisé par des années de militantisme contre l’installation de la base militaire dans le Larzac dans les années soixante-dix.

Ils ont mis en place des ateliers de musique pour les enfants du coin, puis créé une école, monté un groupe, organisé des concerts. Après cette rencontre avec ce couple atypique et sympatique nous gagnons Humahuaca.

C’est l’anniversaire de Juju. La soirée commence bien. Une guitare et un violoncelle accompagnent notre sortie amoureuse. Nous buvons un peu, peut-être trop…

Les cadeaux offerts à Julie, une robe et un petit haut, ne lui seront pas d’un grand profit. De retour dans notre chambre nous nous appercevons que nous les avons oubliés au restaurant. Nous y retournons.

Les serveuses nous jurent qu’elles n’ont rien trouvé. Elles accusent deux touristes argentines. Nous allons interroger ces dernières le lendemain. Elles me semblent honnêtes (en fait je les entend se demander pourquoi on les accuse…) Bref, l’ani de Julie a mal tourné.

Jour 5 :

Je fais mon deuil. Nous abandonnons la voiture pour une journée. La route qui monte pour le hameau d’Iruya, à 4000 mètres d’altitude, est trop mauvaise pour la petite Chevrolet Corsa. La montée en bus est épique. Le chemin caillouteux traverse des rivières, longe des précipices. Nous sommes à la hauteur des nuages accrochés aux sommets.

A Iruya

A Iruya

Nous sommes collés à la vitre et dégustons la vue. Après trois heures de chemin nous voici à Iruya. Et ensuite? A part l’église, une autre vue sur le village et la rencontre de deux Français en vadrouille, on tourne en rond. Nous repartons deux heures après notre arrivée.

Jour 6 :


On retrouve un Salar! Une petite pensée pour Uyuni quand nous arrivons aux Salinas Grandes. Nous ne nous attardons pas. J’ai hâte de reprendre la piste. Nous croisons de nombreuses personnes en vélo au milieu de la broussaille, autant dire au milieu de rien. Ils se rendent à un rodéo.

Dans le Salar

Dans le Salar

A San Antonio de las Cobres plus d’hôtel, ni de resto. La pauvreté est criante. Après un détour périlleux pour contempler un viaduc à 4000 mètres où passe une voie ferrée, nous rentrons sur Salta.

Sur la piste, nous prenons en stop deux jeunes Salteños. Ils viennent aider les villageois touchés par le tremblement de terre. Ils nous montrent des éboulements; un pan de montagne entier s’est écroulé. Un camion a été pris dans l’avalanche, sans qu’on retrouve jamais le corps du chauffeur. Ils nous demandent ce que nous avons pensé de San Antonio. “Pauvre”, répond-on. Silence.

JB


Responses

  1. Bon anniversaire Julie ! Vos photos sont superbes, ça nous réchauffe un peu en ce début de printemps bien timide par ici… ! J’ai bien pris note pour l’adresse de JB sur hotmail.
    Bises

  2. Beaucoup de photos,merci.Faites attention à votre conduite (en voiture….).Bon Anniversaire,Julie,nous y avons pensé le 26.Gros bisous.Paulette et Bernard.

  3. Joyeux anniversaire Julie ! Toujours aussi chouette de suivre votre périple, Bisous

  4. Bon anniversaire Julie.
    Heureusement tu as toujours ton pull Lama pour te consoler des cadeaux perdus
    Merci pour cette description des paysages Argentins
    A+


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