Publié par : juliejbenamerique | 7 avril 2010

Semaine de routine voyageuse, entre deux pays et deux états d’âme

Une des merveilles de Salta...

Nous n’avons pas pris de photos de Salta, ou presque pas. Pourtant nous avons passé une semaine entière à Salta la “linda”, comme l’appellent les Argentins. Une ville coloniale baignée de soleil et de langueur. Mais nous n’avons pas vraiment joué aux touristes cette semaine, et l’appareil photo est resté dans notre chambre d’hôtel.

Après notre road trip, nous avons retrouvé notre ami Jon avec joie. Comme nous avions été heureux de voir Dorothée et Julien au Pérou, Jon et Bertille pour Noël au Chili, Cécile pour le jour de l’an, Mireille, Jean-Marc et Myriam à Buenos Aires, nous avons profité de la présence de Jon à Salta comme d’une bouffée d’amitié solide dans une année de rencontres éphémères.

Les soirées de guitares tragiques mariées aux voix graves de la Casona del Molino, les déjeuners et dîners exclusivement consacrés aux meilleures empanadas du monde et les après-midis de travail adoucies de cafés toujours accompagnés d’un petit gâteau maison: notre routine salteña nous allait bien.

Jon nous a fait découvrir la Salta brune

JB a même pu partager un quart de finale de Ligue des Champions Lyon-Bordeaux avec son copain Jon, autour d’une bière brune Salta. Nous venons de fêter nos huit mois de voyage, et force est de constater que notre rythme ralentit. Nous sommes toujours époustouflés, surpris, déconcertés par les nouveaux paysages que nous parcourons, les nouvelles rencontres que nous faisons, mais nous recherchons aussi de plus en plus de stabilité. Il va falloir de nouveau accélerer si nous voulons aller partout oú nous avions prévu.

Retour en Bolivie

Cette semaine, nous avons pris de l’avance pour Youphil, écrit 4 pages pour Causette, et surtout, décidé de retourner en Bolivie. Une revue que nous considérons tous les deux comme un modèle de journalisme nous a confirmé son intérêt pour notre sujet sur les Indiens guaranis de l’Alto Parapeti, qui récupèrent leurs terres après avoir été vécu comme des esclaves pendant un siècle. Aucune commande ferme, loin de là, mais nous décidons de tenter le coup pour ce sujet qui nous a tant bouleversés.

Dimanche, nous mettons donc enfin les voiles pour Camiri, au sud de la Bolivie, et, en théorie, à une journée de bus seulement de Salta. Un bon bus argentin nous mène en 5 heures et quatre films mexicains ultra-violents jusqu’à Salvador Mazza, ville frontière. Et là, ce que nous craignions se vérifie. Un taxi veut bien nous mener jusqu’à la douane, mais il nous avertit: en Bolivie, c’est jour d’élections (municipales et régionales), aucun bus ni taxi n’a le droit de rouler.

Nous nous résignons donc à passer l’après-midi et la nuit dans ce village de béton sale. La télé câblée de l’hôtel nous sauve de la déprime… Le lundi dès 7 heures du matin nous franchissons la frontière argentine. Les douaniers se tortillent sur du reggaeton en regardant, hilares, des vidéos sur Youtube. Du côté bolivien, le passage est moins facile. Le fonctionnaire, tâtillon, commence à questionner JB: pourquoi y’a-t-il autant de tampons sur son passeport? Que vient-il faire, de nouveau, en Bolivie? Que fait-il dans la vie pour passer autant de temps à l’étranger? Il finit par appliquer le permis de séjour pour 30 jours.

Sitôt cette petite frayeur passée, nous retrouvons avec un plaisir teinté de nostalgie la Bolivie laissée 3 mois plus tôt: des cholitas aux longues tresses nous offrent un petit déjeuner en plein air à base de galettes frites, les commerçants nous regardent avec un air désolé lorsque nous leur tendons un billet de 50 ou 100 bolivianos, mon siège de bus, en angle droit, tasse un peu plus mon dos à chaque virage, tandis que mes oreilles saturent de cumbia (la musique folklorique locale) trop forte.

Lorsque nous arrivons enfin à Camiri, fourbus, le taxi nous laisse dans un “residencial” des plus glauques. Nous constatons qu’un nouveau restaurant de poulet (le centième de la ville) a ouvert sur la place principale, qu’il fait presque froid et que personne n’est là pour nous recevoir à la Capitainerie de l’Alto Parapeti. Je partage mon gros coup de blues avec JB, qui ressent la même chose: la désagréable déprime que nous provoque, pour la première fois du voyage, le fait de revenir en arrière.

Ce matin, le soleil brille de nouveau sur Camiri. Nous trouvons un hôtel très sympathique et surtout très propre. Nous réussissons même à nous faire servir un petit-déjeuner sucré (et non à base d’empanadas comme à chaque fois dans cette ville). A la capitainerie, Fermin nous accueille. Il a bien reçu mon mail, il nous promet que nous pourrons passer plusieurs jours dans une communauté. Le moral revient.

Julie


Responses

  1. Vous avez bien fait ! J’ai trop hâte de lire votre récit !
    Courage les amigos, vous en avez fait tellement preuve jusqu’à maintenant, ne lâchez rien et continuez de nous régaler avec vos aventures !

    muchos besos

  2. Bonne fête Julie ! Comme quoi il suffit que tu t’éloignes un peu pour que l’on y pense !


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