Publié par : juliejbenamerique | 28 avril 2010

Du Nord argentin aux prémices du Paraguay

Les chutes...

Les chutes...

Resistencia

Julie au micro!

Julie au micro!

Les forums de voyageurs nous avaient prévenus. Resistencia ne déborde pas de charmes. Une ville comme une autre en Argentine. Seul point qui la différencie des autres : ses oeuvres d’art. La cité est très fière de son école d’artistes. Dans le centre, une statue à chaque coin de rue, dans les bars et restaurants, des peintures, le pire cotoie le meilleur.

Alors pourquoi sommes-nous allés à Resistencia, la capitale du Chaco sur la route de la frontière paraguayenne? Non, notre penchant pour l’art contemporain est assez limité. Nous nous y sommes rendus pour un reportage sur une radio gérée par des Indiens. Comme nous l’avons écrit sur Youphil, ces guaranis, tobas et autres, se voyant boudés par les grands médias traditionnels ont décidé de prendre eux-même le microphone.

Nous nous attendions, comme chaque fois que nous réalisons un reportage sur les Indigènes, à attendre un interview quelques heures, puis une poignée d’autres pour finalement revenir le lendemain… Et bien non, cette visite a été très efficace. L’entretien avec les dirigeants, les animateurs et l’écoute de la radio se sont enchainés très rapidement.

Nous avons même été mis à contribution. Un des présentateurs voulait présenter à ses auditeurs ces journalistes « très importants » venus lui rendre visite. Je suis parvenu à m’esquiver lâchement, prétextant quelques photos à prendre, et Julie s’y est collée. Le micro ne l’a pas désarçonnée et elle s’en est plutôt bien sortie.

Iguazu

Les singes sont les stars des chutes

Les singes sont les stars des chutes

Ceux qui visualise bien la carte de l’Argentine seront surpris de notre détour vers la pointe Est du pays, détour nous menant aux fameuses chutes d‘Iguazu (avec un Z côté argentin et un Ç au Brésil).

Nous avons en effet décidé d’aller aux chutes, puis revenir sur nos pas vers les missions jésuites et de retourner à Iguaçu pour savourer la vue du côté brésilien par le Paraguay (vous suivez?) pour une histoire de…tampons. Je n’ai plus de place sur mon passeport et une nouvelle entrée-sortie argentine nous aurait obligés à faire un petit tour par l’ambassade. Puis on avait envie de faire une petite pause dans nos reportages et de renouer avec les joies et la tranquillité du tourisme.

Bref, nous voici à Iguazu. A notre arrivée, le temps est très nuagueux et nous constatons que les cascades sont bien plus grosses que sur les photos que nous avions vues. Les pluies ont fait monter le niveau du fleuve. Une partie des chutes est cachée par un épais halo de bruine, le point de vue du sommet est fermé car devenu dangereux.

 Nous ne sommes pourtant pas déçus par le spectacle qui s’offre à nous. Nous avons l’impression d’être sur l’île de King Kong, un lieu oú tout est en démesure. Les animaux sont aussi nombreux : nous croisons des coatis (sortes de tapirs) très habiles pour choper en toute discrétion les sandwichs des touristes, des singes très joueurs et même des toucans plus timides.

Mais nous ne sortirons pas de cette expédition sains et saufs. Nous nous mouillons à l’approche de chaque cascade et la virée en zodiac finira de nous tremper complètement (sans voir les chutes en question d’ailleurs, car nous avons été aveuglés par l’eau). Bien entendu, nous ne pouvons nous sécher, il commence à pleuvoir.

Le soir, enfin sec, nous profitons d’un dîner avec des Hollandais globbe-trotters pour déguster notre dernier steak argentin… Finalement, ils vont nous manquer.

Les Missions

Les ruines de la mission Trinidad au Paraguay

Les ruines de la mission Trinidad au Paraguay

Nous retournons donc sur nos pas pour passer la nuit à San Ignacio. Nous visitons les ruines d’une mission jésuite. Les guides touristiques portent aux nues ces communautés « égalitaires », « post-marxistes » qui ont existé du début du XVIIe au début du XIXe siècle.

Afin d’évangiliser les guaranis, les Jésuites installèrent ces grandes proriétés agricoles oú ils respectaient la culture des indiens, leur apprenaient à jouer de la musique…

Notre guide casse le mythe. Le fruit de leur travail revenait à la congrégation qui en revendait la moitié, et seuls les chefs guaranis pouvaient avoir accès à l’éducation. Il y avait même une heure spécifique pour « procréer ». A minuit, la cloche retentissait pour indiquer aux indiens qu’il n’était plus temps de dormir.

Le lendemain nous passons enfin la frontière vers le Paraguay depuis Posadas. L’état d’urgence est décrété dans le Nord du pays à cause d’une guérilla. Le passage frontière risque d’être compliqué. Finalement, tout se passe comme si de rien n’était. Par contre nous notons que plus le pays est petit plus le tampon est gros. Celui du Brésil risque de ne pas me prendre beaucoup de place.

A Encarnacion, nous dormons dans un hôtel improbable qui est tenu par une japonaise témoin de Jéhova. Elle a adoré mon prénom.

L’après-midi même, nous visitons une nouvelle mission, dont les ruines n’ont rien a envíé aux ruines argentines. Sur la route, nous croisons un petit village annonçant sa fête « du sexe ». Le Paraguay risque de nous réserver quelques surprises…

JB


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