Publié par : juliejbenamerique | 6 août 2010

Mérida: des rencontres et des montagnes

Chacanta vu d'en haut

Nous cherchions de la fraicheur et du calme, nous les avons atteints à Mérida, capitale des Andes vénézuéliennes, et capitale des étudiants du pays également. Mais soyons honnêtes, nous n’aurions jamais trouvé notre paradis ici sans l’aide de Jean-Luc, lecteur belge de notre blog, vivant au Venezuela depuis plus de vingt ans et directeur de projets de la Fondation Andes Tropicales (voir notre article sur Youphil).

Le jour de notre arrivée à Mérida, nous nous installons chez Paty, Colombienne adorable toujours flanquée de son caniche blanc Sasy, qui ne peut prononcer deux phrases d’affilée sans les ponctuer d’un « mi amor », « mi corazón » ou « mi vida ». La posada est toute simple, mais nous nous délectons de notre première douche chaude depuis… deux mois! Et avec de la pression  s’il vous plait! Bref le bonheur.

L’anniversaire d’Hugo Chávez

Nous nous baladons dans Mérida, il fait beau mais frais, JB est soulagé, la chaleur de Caracas commencait à l’insupporter. Nous croisons des dizaines de personnes vêtues d’un t-shirt ou d’une chemise rouge barrée d’un slogan pro-chaviste (du type « Uh, Ah! Chávez no se va!« ), un petit concert de reggae-salsa est organisé sur la place avec partage d’un énorme gateau blanc à la crème… Nous apprenons qu’il s’agit de l’anniversaire du président.

Nous retrouvons nos amis espagnols Ruth et Dany, rencontrés aux Angel Falls, qui reviennent un peu désabusés de leur excursion dans Los Llanos («regardez qu’il est beau l’anaconda, on va tous le toucher pour la photo!»), et dans un village andin trop touristique.

Heureusement nous rencontrons Jean-Luc, qui nous avait contactés via ce blog… Il nous fait connaitre le programme auquel il participe : la fondation Andes Tropicales, née de l’initiative d’un Belge mais de nationalité vénézuélienne, financée par l’UE et sans but lucratif, qui se donne pour mission de mettre d’autres destinations touristiques sur la carte de la région, avec comme idée la préservation de l’environnement et des modes de vie des habitants des villages les plus isolés.

Il nous propose d’accompagner Marie-Christine, une expatriée française qui se rend dans les pueblos del sur durant trois jours. En attendant, il nous conseille d’aller passer une nuit chez une de leurs bénéficiaires qui a monté son auberge dans le Paramó, à Mitibibo.

Aureliano, ou Lucky Luke, grand ami de JB et artisan

Du Paramó aux Pueblos del Sur

La route menant à Mitibibo est magnifique, semée de petits villages andins aux murs de chaux peints de couleurs vives. Dès notre arrivée chez Irene, qui tient une posada charmante en pleine montagne, nous sentons un besoin urgent de faire la sieste… nous sommes à 3.500 mètres d’altitude. Nous avons peur de passer une nuit difficile tant il fait froid, mais les bouteilles d’eau chaude placées dans notre lit par Irene et les quelque 5 couvertures nous aident à dormir comme des bébés…

Deux jours plus tard, nous retrouvons Marie-Christine et Alba, ex-conseillère d’orientation qui aujourd’hui anime des ateliers de « dynamique de groupe », pour une folle aventure ! Nous embarquons dans la camionnette de la Fondation, aussi lourde qu’un semi-remorque, pour trois jours d’expédition. La route est longue, tortueuse, parfois dangereuse, la camionnette difficile  à manier, mais les paysages sont à couper le souffle. Des chaines de montagne à l’infini, partiellement baignées dans les nuages, et couvertes d’une végétation luxuriante. Des orchidées blanche et violette bordent notre chemin par centaines.

Le sofa me tendait les bras...

Au fur et à mesure de nos arrêts, nous connaissons Jonathan, jeune artiste peintre passionné d’équitation qui demande un micro-crédit à la fondation pour monter son centre équestre et organiser des balades à cheval avec des touristes, Yasteli qui a ouvert sa boutique d’artisanat, Tomasa qui a pu réaménager sa posada décrépie en un lieu enchanteur, ou encore Pascualina qui nous prépare la traditionnelle pizca andina (une soupe locale) dans sa cuisine tout juste ouverte aux visiteurs.

Apprendre à se faire confiance…

… et à faire confiance aux autres. C’est le thème de l’atelier qu’Alba et Marie-Christine sont venues organiser à Chacanta, village tout droit sorti du 19ème siècle, avec ses vieilles batisses coloniales, ses habitants à cheval et son église en permanence ouverte. Certains paysans ont fait 4 heures de marche pour assister à l’atelier de la fondation.

C’est une des étapes de leur processus de « formation » au tourisme et au développement durable. Alba les fait jouer ensemble, résoudre un problème en groupe ou encore écrire noir sur blanc les défis de la communauté pour monter un réseau touristique qui bénéficie à tous et les aide à transmettre leurs traditions, leurs savoir-faire aux quelques visiteurs qui viendront jusque là.

Le but n’est surtout pas de voir Chacanta envahie par des cars entiers d’Allemands ou Japonais, mais de fournir à ses habitants une alternative économique à l’agriculture qui soit moins dévastatrice pour l’écosystème unique qu’ils possèdent et leur permette de ne pas quitter la terre de leurs ancêtres.

Nous apprenons à connaitre ces villageois accueillants et motivés, qui nous donnent aussi à voir un autre Venezuela, celui du pays profond. Edilmer, le leader de la communauté, est d’ailleurs très admiratif du président Chávez, qui pour lui « a changé la vie des paysans » avec les Mission permettant aux enfants et adolescents d’étudier, l’aménagement des routes, les aides agricoles, les produits alimentaires moitiés prix… Marie-Christine tempère toutefois son discours : celui qui n’est pas au « parti » n’a rien de tout cela, nous rappelle-t-elle.

Nous quittons à regret ces terres attachantes. JB soulage un peu Marie-Christine en prenant le volant de l’indomptable 4X4. Nous disons aurevoir á Mérida avec un verre de rhum orange chez Alba. Direction le parc national Mochima, pour lézarder un peu sur les plages des Caraibes, avant-dernière étape de notre long périple.

Julie

P.S : Comme vous avez pu le remarquer, je n’ai pas pu entrer d’accents circonflexes ou pas toujours, ni de trémas… Ma connexion internet est tellement lente que je n’ai pas non plus rentré beaucoup de photos, mais consultez le portfolio que nous publions le 12 aout sur Youphil !


Responses

  1. Coucou,
    Deux raisons d’attendre avec impatience le 12 aout : Les photos et . . . on sera plus prés du 18

  2. Voici que s’achève votre périple ,nous vous remercions de nous avoir fait rêver pendant une année,c’était un plaisir de vous lire et nous espérons vous suivre encore vers d’autres horizons….A bientot en Bresse et bon retour.Bisous.

    • Bonjour a tous,
      Notre blog vient de battre son record: 332 visites en un jour! Nous vous en remercions, et remercions ceux qui nous ont fait connaitre sur différents sites, blogs, réseaux…
      Notre voyage prend fin dans une semaine, mais d’ici la nous essaierons de publier encore un dernier post ,c’est promis!
      Bises
      Julie

  3. Plus qu’une semaine !
    Profitez bien de ces derniers jours au bout du monde, et vivement que vous soyez de retour pour nous raconter de vive voix tout ce qui n’a pas été raconté sur ce blog !


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